Placée sur la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI), la Côte d’Ivoire œuvre à donner une bonne image à son appareil économique et financier vis-à-vis de l’extérieur, et surtout inspirer confiance aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, ainsi qu’aux investisseurs.
Pour sortir de cette liste grise du GAFI, le gouvernement ivoirien a mis en branle tous les instruments nationaux, sous-régionaux et régionaux en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) par l’assainissement et le renforcement du dispositif sécuritaire des systèmes financiers.
Au nombre desdits dispositifs, il y a entre autres les Instructions, Directives communautaires encadrant les modalités de contrôle des flux financiers issus des différentes transactions, la Loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive dans les états membres de l’UMOA du 31 mars 2023…
Par exemple, l’Instruction n°010-09-2017, en son Article 1er, fait obligation aux institutions financières et aux Entreprises et Professions Non Financières de déclarer les transactions en espèces désignées atteignant le seuil quinze millions de francs CFA, auprès de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CNTIF-CI). Exceptés les secteurs d’activité dont les transactions en espèces ne sont pas soumises à l’obligation de déclaration visée à l’article premier ci-dessus sont déterminés par Arrêté du Ministre chargé des finances dans chaque État membre de l’Union.
Les acteurs ne respectant pas les dispositions de la présente Instruction, selon l’Article 3, sont soumis à des sanctions, conformément à la loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans les États membres de l’UEMOA.
De même, en ce qui concerne la déclaration au point d’entrée ou de sortie du territoire, l’Instruction n°002-03-2025 du 18 mars 2025 fixe à dix millions (10.000.000) de francs CFA, le seuil à partir duquel toute personne, en provenance d’un État membre de l’Union qui entre sur le territoire d’un autre État membre de l’Union ou qui quitte celui-ci à destination d’un autre État membre de l’Union, est tenue d’effectuer, au moment de l’entrée ou de la sortie, une déclaration de transport physique d’espèces et instruments négociables au porteur auprès de l’Administration des Douanes au point d’entrée ou de sortie du territoire. Les contrevenants audit dispositif sont également passibles de sanctions qui peuvent être pécuniaires et pénales.
En attendant les conclusions de la dernière mission des émissaires du GAFI, le gouvernement ivoirien se déclare optimiste.
« Nous nous sommes mis à la tâche, et il y a beaucoup de chances que nous ayons rempli toutes les conditions. Mais nous attendons les dernières évaluations », a souligné Amadou COULIBALY, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.
Le GAFI est l’organe chargé d’évaluer le risque, en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
