Le secteur du cacao, representant plus de 20% du Produit intérieur brut (Pib) fait face à une pression accrue liée aux flux transfrontaliers de fèves de cacao en provenance de pays limitrophes. Une situation qui n’est sans impact financier à la fois pour le million de planteurs aussi bien que pour le Conseil du café-cacao (CCC), l’organe national chargé de la commercialisation de ces deux principales matières premières, qui se retrouve avec des quantités importantes, dépassant les attentes.
Conséquence, les deux ports ivoiriens (Ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro) sont engorgés.
Face à cette situation, le Gouvernement, assure le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Production vivrière, Kouassi Adjoumani KOBENAN, a agi avec responsabilité, en renforçant son dispositif de surveillance aux frontières, en mettant en place un plan d’enlèvement des surplus. Ce plan a été validé, en liaison avec le Conseil du Café-Cacao, qui travaillera de concert avec l’Organisation Interprofessionnelle Agricole Café cacao.
Ainsi, pour rassurer l’ensemble des acteurs de la chaîne de la commercialisation de fèves de cacao, des mesures importantes ont été arrêtées. Il s’agit entre autres de faire l’inventaire de tous les stocks de cacao invendus disponible dans les zones de production ; de procéder à la mise en place d’un dispositif d’achat de ce stock au prix de 2800 FCFA/KG garanti par le conseil du café cacao, en collaboration avec l’OIA Café cacao et les autorités administratives; de mettre en place une organisation de séances d’information et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs sur le dispositif qui sera mis en place, pour faciliter l’enlèvement des produits.
En plus de ces dispositifs, le gouvernement annonce le déblocage d’une enveloppe de 280 milliards FCFA, visant à garantir le processus de commercialisation du circuit d’enlèvement et de commercialisation de fèves de cacao.
Ces dispositions, souligne le ministre d’État, permettront d’agir rapidement en zone de production, de rétablir la liquidité, de sécuriser l’évacuation vers les usines et les ports, tout en renforçant le rôle des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur.
Pour rappel, à l’ouverture de la campagne principale cacao 2025-2026, le Conseil du Café-Cacao avait vendu par anticipation plus de 85% de la production estimée, tel que le stipule le mécanisme de commercialisation. Cela a permis au gouvernement de fixer un prix au producteur jamais observé dans notre pays à 2 800 Francs CFA le kilogramme.
Mais depuis le mois de septembre 2025, les prix du cacao sur le marché international ont chuté de 30%, en passant d’un peu plus de 5 000 livres la tonne, soit 3 800 F CFA le kilogramme, à environ 3 500 livres la tonne, soit 2 500 F CFA le kilogramme. D’où les difficultés que traversent les acteurs de la filière, exacerbée par le refus des exportateurs de respecter le contrat d’achat conclu antérieurement avec le CCC.
