Dans sa publication du 9 janvier 2026, intitulée « NOTE DE CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DANS LES PAYS DE L’UEMOA », la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé des perspectives encourageantes au titre de l’année 2026. Toutefois, elle reste prudente, en raison de l’évolution de certains facteurs dont la non maîtrise, pourraient entraver la croissance. Ci-dessous, le rapport de la BCEAO.
Les perspectives économiques de l’Union monétaire restent bien orientées, mais dépendent de l’évolution de la conjoncture internationale, de la situation socio-politique et sécuritaire de l’Union ainsi que des conditions climatiques. Le maintien de la confiance des chefs d’entreprise dans cette trajectoire favorable contribuerait à soutenir les performances économiques de l’UEMOA. Toutefois, au regard de certains indicateurs de performances, il n’y a pas à désespérer.
Croissance
Dans les prochains mois, l’activité économique au sein de l’Union devrait se consolider. La croissance serait principalement portée par le renforcement de la demande intérieure et des améliorations continues dans certains secteurs clés, tels que l’agriculture vivrière, les industries manufacturières, le commerce, les services non marchands, ainsi que la pêche et l’élevage. D’après l’enquête de conjoncture de la BCEAO, les chefs d’entreprise interrogés anticipent des performances meilleures.
Selon les prévisions de la BCEAO, l’activité économique en glissement annuel progresserait de 6,9% au quatrième trimestre 2025, après une estimation de 6,6% au troisième trimestre 2025. Le dynamisme des activités commerciales et des services ainsi que les bonnes perspectives de la campagne agricole 2025/2026 contribueraient à renforcer la croissance dans les pays de l’UEMOA. Sur l’ensemble de l’année 2025, le PIB de l’Union, en termes réels, progresserait de 6,7%, après une réalisation de 6,2% en 2024. L’activité économique serait soutenue par une demande intérieure robuste et une bonne tenue des productions extractives et agricoles.
Monnaie
Les estimations en glissement annuel situent le taux de croissance de la masse monétaire de l’Union à 15,7% à fin novembre 2025, en baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport à son niveau de d’octobre 2025. En variation annuelle, l’amélioration de 7.793,4 milliards serait essentiellement imputable à l’accroissement des créances intérieures de +3.774,5 milliards ou +6,2%, ainsi qu’à la consolidation des AEN des institutions de dépôt, attendus à hauteur de 8.087,1 milliards. L’augmentation anticipée des créances intérieures serait liée à la hausse, en glissement annuel, des créances nettes sur les unités de l’administration publique centrale (+7,4%) et à celle des créances sur l’économie (+5,4%). Analysé sous l’angle de ses composantes, la croissance, en glissement annuel, de la masse monétaire se traduirait à fin novembre 2025 par le renforcement des dépôts (+14,8%) et de la circulation fiduciaire (+18,7%).
Inflation
En perspective, le taux d’inflation au sein de l’Union, en glissement annuel, devrait s’établir à -0,2% en décembre 2025 et +0,1% en janvier 2026. Cette évolution reflèterait la poursuite de la baisse des cours mondiaux des denrées alimentaires ainsi que l’approvisionnement suffisant des marchés de l’Union en produits céréaliers, à la faveur des bonnes récoltes de la campagne agricole 2025/2026. Elle serait également en lien avec la récente révision à la baisse des tarifs des produits pétroliers au Sénégal (essence (-7,1%) et gasoil (-7,6%), à partir du 6 décembre 2025) et en Côte d’Ivoire (-1,2% pour l’essence, à partir du 1er novembre 2025). Cette perspective baissière des prix pourrait être atténuée par l’effet des perturbations de la chaîne de distribution en produits alimentaires, du fait de la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’Union.
Source : BCEAO
